Qu’est-ce que la prospective ? Définition simple

Définition de la prospective

Commençons par la définition du dictionnaire : Science ayant pour objet l’étude des causes techniques, scientifiques, économiques et sociales qui accélèrent l’évolution du monde moderne, et la prévision des situations qui pourraient découler de leurs influences conjuguées.

Le créateur de cette discipline n’est autre que Gaston Berger. Il a contribué à diffuser la prospective stratégique et la prise en compte des risques.

Peut-on réellement dire que la prospective est une science? 

Pour simplifier les choses, il convient d’admettre que la prospective est avant tout une démarche intellectuelle visant à anticiper au mieux les évolutions de notre société. La prospective n’a évidemment pas la prétention de prédire l’avenir.  Le but c’est d’abord d’aider à prendre des décisions orientées vers l’avenir aujourd’hui.

Quelle politique énergétique devons-nous par exemple envisager au regard des évolutions démographiques, de l’épuisement des ressources et bien sûr du réchauffement climatique ? Quelle gestion des ressources en eau devons-nous adopter ?

Comment le développement durable et les nouvelles technologies peuvent nous aider à relever les enjeux climatiques de demain ? Autre exemple : dans un contexte sanitaire particulier où nous aurons du mal à nous débarrasser d’un virus, comment aider les entreprises à concilier durablement télétravail et travail sur site ?

Le travail du prospectiviste consiste à réaliser des diagnostics, souvent à élaborer des scénarios (tendanciels et alternatifs) et à émettre des recommandations en termes de politiques publiques ou de stratégie d’entreprise.

Définition prospective : proposer des mesures pour anticiper le futur

À l’aide de scénarios, nous pouvons anticiper des besoins futurs et être les premiers à y répondre. En effet, c’est en imaginant un scénario de faillite de la sécurité sociale que Philips s’est lancé dans le secteur de la santé et a créé sa division « santé à domicile ». Inexistante il y a dix ans, elle représente aujourd’hui environ 20 % du chiffre d’affaires de la société.

Les scénarios peuvent marquer les esprits et créer de véritables déclics. Nous pouvons encore citer un autre exemple : celui du film documentaire Bye Bye Belgium qui en simulant une session du pays, a poussé les belges à envisager la politique autrement.

La veille est étroitement liée à la prospective. Elle consiste à chercher et trier l’information la plus pertinente pour nourrir la réflexion prospective. Cette information concerne aussi bien l’évolution de nos modes de vie, les progrès technologiques, les mutations qui sont en œuvre dans les pays émergents…

Les départements de développement prospectivistes s’intéressent notamment aux faits porteurs d’avenir susceptibles d’entraîner des changements importants à moyen ou long terme.

L’exploration du futur est chaque jour plus nécessaire pour le responsable d’entreprise qui doit élaborer une stratégie. Mais comment se faire une idée d’un futur qui ne sera jamais qu’un cocktail mystérieux entre le prévisible et l’imprévisible, le probable et l’improbable, l’imaginable et l’inimaginable ?

Pour voir plus loin et mieux, les hommes ont mis au point toute une panoplie de lunettes, longues-vues et télescopes intellectuels qui ont pour nom calcul de probabilité, statistiques, extrapolations, projections…

Ces modèles et instruments de mesure précieux, ils butent sur les limites de la raison.

Combien de prévisions ne se sont-elles pas révélées inexactes alors que certaines visions d’écrivains comme Jules Verne, Aldous Huxley ou Georges Orwell étaient des anticipations impressionnantes ? Qui mieux que Hergé a anticipé la conquête spatiale ?

Rappelons la célèbre métaphore de Gaston Berger, pionnier de l’approche prospective :

« Sur une route bien connue, le conducteur d’une charrette qui se déplace au pas, la nuit, n’a besoin pour éclairer sa route que d’une lanterne. Par contre, l’automobile qui parcourt à vive allure une région inconnue doit être munie de phares puissants. »